Bienvenue sur mon blog.
Il n'est jamais trop tard pour s'y mettre ! N'ayant jamais pratiqué de sport, je suis venu à la course à pied par hasard l'année de mes 40 ans. Comment on devient sportif sur le tard ? Lire ici.
Ce blog est destiné à vous faire découvrir, petit à petit, mon parcours de "sportif", depuis août 2008 et mon plus gros défi à l'époque : UTMB (CCC), 98 km autour du Mont Blanc. Ce qui m'a donné l'envie de partager mes impressions.
2010 = 10 années de courses à pied. Découvrez la rétrospective dans le détail ici.

N'hésitez pas à me rendre visite régulièrement et me laisser vos commentaires. Merci.
Bernard. (Bernard RONGVAUX, Virton, Belgique)

" Un pessimiste voit des difficultés dans chaque opportunité. Un optimiste voit des opportunités dans chaque difficulté "
"On ne s'arrête pas de courir parce qu'on vieillit, on vieillit parce qu'on arrête de courir"

dimanche 4 septembre 2016

▪ Traces des Ducs de Savoie (TDS) - Mont-Blanc


Mercredi 24 août 2016

120 km - 7250m D+
 
ENFIN, cette fois, c'est bouclé !!!

Après la CCC l'an dernier, qui s'était relativement bien déroulée, nous décidons de tenter la TDS. Repris du premier coup au tirage au sort, nous revoilà partis pour une belle aventure. Du moins, espérons-le .....
Beaucoup plus sauvage, plus long  (20km de plus) et plus technique que la CCC, ce parcours me tente depuis son avortement en 2010 pour cause de pluies torrentielles (voir "les cieux nous sont tombés sur la tête").

Les dernières reconnaissances en ce début août nous confirment le côté technique et sauvage. Cela n'est pas pour rassurer Céline. Pour ma part, je suis confiant avec la bonne intention de découvrir l'entièreté du parcours. Tout en sachant que tout peut arriver et que ce ne sera pas facile......

Arrivés sur place lundi soir, nous voilà plongés dans l'ambiance "UTMB" pour presqu'une semaine.



Mardi 23 août.
Remise des dossards, avec le traditionnel contrôle des sacs et du matériel obligatoire. Heureusement que Céline m'a rappelé en sortant de l'hôtel de prendre ma casquette, ils me l'ont demandée....
Il fait déjà bien chaud et nous faisons la file.






Céline reçoit un SMS de l'organisation: "Alerte canicule, surveillez vos e-mails!". Pour ma part, je ne recevrai jamais ce message (??!!), et le fameux mail, nous ne le découvrirons qu'après la course. Mais on se doute bien  du contenu : grosses chaleurs annoncées, bien s'hydrater et se rafraîchir régulièrement. Mais pas question d'allègement de matériel obligatoire, les conditions sont bien trop changeantes en altitude; on ne sait jamais ce qu'il peut arriver. Et bis-repetita pour Céline, après le gros coup de chaleur sur le 80km fin juin, ce n'est pas pour la rassurer davantage....

En 1h environ, nous détenons le sésame et posons pour la photo officielle (gratuite, pour une fois !!).


Nous pouvons visiter le village-trail à notre aise. Matériel, accessoires, courses, les tentations sont nombreuses et les envies aussi. Soudain, chez Brooks, ils annoncent la venue de Stéphane Brogniart, la valeur montante vosgienne de l'ultra-trail. C'est dans 10min, nous ne résistons pas !! Petit mot détendu, conseil rapide, dédicace, très sympa et très simple Stéphane !!



                                                                   Bien vu, l'ami !!

Maintenant, retour à l'hôtel, repos et remise en ordre du sac. Finalement, je décide de prendre un bidon supplémentaire pour l'eau claire, qui nous sera bien utile pour contrer la chaleur. Du poids supplémentaire, mais notre santé l'impose...

Mercredi 24 août.
Arrêt de bus Les Houches, 04h du mat, nous attendons notre transfert vers Courmayeur. Nous y rencontrons par hasard 2 sociétaires du Trail'In Bastogne, Cédric et Grégory. La température est douce et le ciel totalement dégagé.
A Courmayeur, comme d'hab, les bus nous déposent tout en bas, et il nous faut remonter la ville à pied jusqu'au niveau de l'église, lieu du départ. Dépôt de nos sacs d'appoint, celui de Cormet (mi-course) et de Chamonix (après-course).
Pas de sas de départ, nous nous positionnons librement. Nous choisissons le milieu de peloton afin d'éviter des éventuels bouchons précoces. Il est temps de manger notre tartine de pain de mie à la viande de grison.


Le traditionnel "selfie"


Tiens, il y a des contrôles des sacs; et une concurrente se voit menacée d'une pénalité, voire mise hors-course pour manque d'une deuxième frontale, matériel obligatoire. Il lui est vivement conseillé de se rendre au magasin de sport proche, spécialement ouvert pour l'occasion !! On ne rigole pas avec ça...!!

La pression monte, l'ambiance aussi et à 06h00, c'est parti pour la grande aventure !!




Après une traversée de Courmayeur, avec un étonnant "Allez Virton!!" au passage (!!! c'est qui ??), nous nous élançons à l'attaque de la première difficulté : 10km de montée et 1215m de dénivelé positif (D+), via le Col Chécrouit, en direction de l'Arête Mont-Favre (alt.2435m). Le début est assez pentu, sur la piste de ski, en chemin large (ce que nous appelons une "autoroute"). Le jour se lève.

 

Il y a du monde sur "l'autoroute" :-)
 Premier ravitaillement, liquide uniquement, au col Chécrouit (km 7). Céline prend lentement son rythme, et pour moi, ça part bien. La chaleur se fait vite sentir dès le lever du soleil. Petit bouchon au ravito, car le chemin se resserre.




Les paysages, on est là pour ça aussi !!!!

Puis ce sera la procession en colonne, en pente douce sans surprise jusqu'à l'Arête Mt Favre, impossible de doubler ou d'accélérer. Mais pas de précipitations, il reste de nombreux kilomètres pour que ça vienne :-) . De plus, côté "ambiance", il faut se farcir les Italiens qui débitent un maximum de mots à la minute (ça doit faire des mois qui ne se sont pas vus...), puis les Danois qui parlent "viking" au même rythme...Pffff, vivement que ça s'étire ;-)


La longue colonne de "fourmis"......


Ensuite, 3 km de descente assez facile, mais sans possibilité de vraiment en profiter, vu le nombre de coureurs. Dommage....Face à l'imposante moraine du glacier du Miage, nous arrivons le long du Lac Combal, ou du moins ce qu'il en reste, car cela ne représente plus qu'un vaste marais...1 km à plat sur "autoroute" où nous pouvons enfin nous lancer quelque peu jusqu'au premier ravitaillement complet et première barrière horaire à 09h45.
Face à nous : l'imposante moraine du glacier


Le "Lac" Combal



Nous pointons à 09h23 après 03h23' de course. L'avance est mince et stresse déjà un peu ma compagne. "No stress, lui dis-je, ce n'est que le début". Grignoter rapidement un bout, bien s'hydrater...

Ca repart gentiment en prairie d'abord, puis la pente s'élève petit à petit à l'attaque du Col Chavannes (alt. 2603m), soit le point le plus haut de la course. 630m de D+ sur environ 4km. Le soleil chauffe déjà bien et le terrain est complètement dégagé, pas la moindre trace d'ombre. La montée n'est pas très technique, mais se durcit au fil de l'ascension. Les dernières centaines de mètres, en lacets, sont assez périlleuses, en bord de ravin et à la merci des cailloux délogés par les concurrents au-dessus de nous. On entend régulièrement "attention cailloux" !! Et gare là où ça tombe...La longue colonne de "fourmis" se voit de loin. Nous pointons le sommet à 10h29, un petit air frais fait grand bien. Quelques minutes pour profiter de cette merveilleuse vue à quasi 360° !!

Il chauffe, le gaillard !!!




Attention, cailloux !!




 
 


Cette fois, nous allons réellement pouvoir courir, enfin !! Le peloton s'est étiré, le chemin est plus large, et nous roulons sur "autoroute", en pente douce descendante, sur quasi 8km !! Le chemin s'étire devant nous à perte de vue, en balcon. Nous allons "perdre" 800m de dénivelé. La température est déjà bien haute, et chaque point d'eau est pris d'assaut pour refaire le plein et se mouiller un maximum pour "refroidir la mécanique".

L'autoroute du soleil..  ;-)

Grappe de coureurs sur lit de torrent...


Nous bifurquons ensuite sur un petit sentier en sous-bois, vers Alpetta, fin de la descente.




Nous attaquons la montée en direction du col du Petit Saint-Bernard (alt 2180m), que nous atteindrons dans 7km après avoir repris 400m de dénivelé. D'abord en pente douce et sous-bois, ensuite plat en prairie, traversée d'un petit torrent bienfaiteur (re-plein du bidon, et re-rafraîchissement...), nous attaquons la montée en pente irrégulière et  un peu casse-pattes en sentiers "de vaches", grosse mottes, creux et bosses.




chemins "de vaches".....

Passage le long du lac Verney, à l'approche du col, et grimpette du raidillon peu praticable (végétation basse dans laquelle les bâtons s'accrochent) pour arriver (enfin!) au Petit St-Bernard. Sous les encouragements d'un fan club belge déjà vu quelques km plus en avant, cela fait du bien ("Allez Bernard, allez Céline !!"  "MERCI !!..").




Allez les Belges !!!

Ravitaillement complet, barrière horaire à 14h30. Il est 13h30. Nous avons grappillé un peu de temps,  après 07h30 de course déjà. Nous ne traînons pas, 10min tout au plus. Vu la forte chaleur, nous décidons de ne pas faire de folie, revoyons nos objectifs un peu à la baisse, de gérer cette météo contraignante au mieux afin d'assurer le coup.... Nous voyons déjà pas mal de coureurs en difficulté (coup de chaleur, crampes...).



Nous attendent  maintenant 15km de descente, avec une perte de pas moins de 1370m de dénivelé !! Ce qui n'est pas le plus facile, cela va être long... En repartant, j'immortalise au loin la statue du Saint-Bernard, et un peu plus loin, je tombe nez à nez avec ....un Saint-Bernard !! "Allez on se fait la photo avec Bernard !!", me lance un spectateur !! Je n'y résiste pas :-) L'atmosphère est très détendue et bon enfant...

                                             Les "Saint-Bernard"

La descente se fait d'abord en pente douce sur une voie romaine, sur environ 5 km. C'est très roulant et nous courrons raisonnablement.


Ensuite, nous bifurquons sur d'agréables sentiers en prairie vers St-Germain, Séez et Bourg-St-Maurice, là, tout au fond.


En plongeant vers la vallée, le relatif petit air frais disparaît presque subitement et nous donne l'impression d'entrer dans un four !! Cela s'amplifie au fil de la descente... Quelques petits passages ombragés sont appréciés, ainsi que les bacs d'eau. Plus loin, ce sont les habitants qui proposent une petit douche improvisée (wouahhhh, que ça fait du bien !!).




Petite douche "sauvage" .....Super !!

La traversée de Bourg pour atteindre le ravitaillement est un peu longue et monotone, portion pas vraiment nécessaire à mon goût...




Sous une chaleur écrasante (il doit faire au moins 35°...), nous atteignons ce ravitaillement du centre-ville de Bourg-Saint-Maurice (alt. 813m), km51, barrière à 17h00. Il est 15h49 à notre arrivée. Nous avons 09h48' de course.
Le ravito est surchargé, un peu chaotique, là on mange, derrière ça vomit, à côté c'est le soin des pieds, faut pas être nareux, hein....


Ici la vraie course commence : finies les "autoroutes", nous allons nous farcir une montée d'enfer de 1750 D+ sur 11 km !! Avec LE passage le plus technique en altitude, le Passeur de Pralognan, que nous souhaitons atteindre avant la tombée du jour.
En attendant, nous nous accordons un peu de repos, s'alimenter, même si personnellement, je n'ai pas très faim.."Il faut se forcer, me lance Céline, il faut prendre de l'énergie". Elle a raison, je me force à grignoter quelque peu. Par contre, eau pétillante, coca et bouillon sont les bienvenus, plutôt 2 fois qu'une !! Je commence à saturer un peu en eau.. Par contre, refaire le plein pour la suite, poche et bidon.

Nous repartons après 30min d'arrêt. D'abord par la case obligatoire "contrôle des sacs". Ah mince... Allez, couverture de survie ......lampes et piles .......veste avec capuche ......tout est OK !
"Allez les Belges !! Vous êtes de où ? ..Virton? Mes meilleurs amis habitent Virton, si, si , c'est vrai !!" Bon ça ne s'invente pas!! "Bon courage !"


C'est parti pour la suite de l'aventure, à travers la rue piétonne.... "Mince, mes bâtons, ils sont restés au contrôle..!" Petit aller-retour pour les récupérer et tout rentre dans l'ordre...
Ben non, ce n'est pas le moment de faire du lèche-vitrine ....:-)

Nous quittons Bourg par les petites ruelles montantes, puis du sous-bois, et on attaque "droit dans la pente". La progression est lente et chaude. Chaque parcelle d'ombre recueille son lot de coureurs en "pause" et en questionnement ("Est-ce bien raisonnable de continuer..??" "Que fais-je ici ??" ....). Sans compter les concurrents qui redescendent pour abandonner... Mais il nous faut faire fi de tout cela et continuer inexorablement. Au mental...! Par objectifs : d'abord le Fort du Truc, puis La Platte,....




Nous atteignons la petite route à mi-chemin du Fort du Truc, cela ressemble à un arrêt de bus où une douzaine de coureurs attendent. Quoi ? Ils ne le savent pas trop. Nous y retrouvons Cédric et Greg. Ce dernier semble un peu déconfit...Entretemps, le soleil a tourné et plonge une partie de la montée dans l'ombre, ce qui va rafraîchir un peu l'atmosphère. La montée sera encore longue et pentue jusqu'au Fort de La Platte. Je ralentis un peu la cadence car mes quadris chauffent et une alerte crampe se fait sentir dans la cuisse droite. Je prends une pastille de Sporténine afin d'y couper court de suite. Céline est devant et garde son petit rythme régulier. Nous devons être à du 1,5km à l'heure...

Fort duTruc : iront-ils plus loin ???

ça chauffe encore bien ...... Les quadris aussi !!






Nous atteignons le Fort de La Platte à 18h39 (alt 1980m), la barrière y est fixée à 20h00. C'est bon, malgré tout, nous montons bien. Nous rechargeons en eau et nous rafraîchissons le corps. Nous y retrouvons Cédric qui continue seul, Greg n'ira pas plus loin...


 

Ca repart après quelques minutes à peine, vers Forclaz, encore 380m d'altitude à prendre. La montée s'adoucit un peu, le point de vue est superbe !! Là, j'accuse un petit coup de mou, j'ai les muscles à l'arrière des épaules qui me brûlent déjà depuis un bon moment. Mon sac doit être un peu lourd avec toute cette eau. Je dois marquer une pause, enlever mon sac et relâcher quelques minutes. Ce qui nous permet d'observer, juste en face de nous, une belle marmotte qui semble surveiller tous ces passages...
Mais il ne faut pas traîner, le soleil décline et nous avons encore du chemin jusqu'au Passeur.
Le Fort de La Platte, sur son éperon rocheux..





Du col de La Forclaz (alt. 2364m), nous redescendons un peu vers les 5 Lacs. Nous contournons le Lac Esola, en passant juste sur le bord, pas large (brrrr, faut pas avoir le vertige, d'un côté c'est l'eau, de l'autre le vide...) .....



Brrrrr....pas le droit à l'erreur...

..... et entamons une descente technique dans un paysage grandiose, avant d'entamer la longue ascension vers notre objectif. Deuxième petite alerte crampe, hop Sporténine de suite...La température a chuté et l'air est bien plus supportable, nous avons passé le cap de la canicule. Ouf, une chose en moins à gérer. Car mon bidon d'appoint, j'ai bien du le remplir à 20 reprises au moins !! Mais ça nous a permis d'arriver déjà jusqu'ici.




On doit passer là-bas, à droite du "pic"

L'altitude, elle, continue de grimper assez vite, car le sentier est bien pentu. La clarté diminue et le soleil nous gratifie d'un beau coucher. Un peu d'escalade par endroit, bien pousser sur les bâtons et voilà que se dessine l'autre versant. Voilà enfin ce fameux Passeur de Pralognan !! Alt. 2587m !






Vite basculer de l'autre côté avant le noir total...Wouahhhh, c'est hyper technique, limite du raisonnable, avec cordes, bénévoles et conseils de pose pour les pieds. Brrrrrr, faut pas se louper...!




"Après quelques centaines de mètres, vous aurez un bon chemin", disent-ils. On ne doit pas avoir la même notion des mètres alors. Nous nous équipons des frontales et traversons encore un long pierrier avant d'atteindre, enfin, ce "bon chemin". Le ravitaillement est au bout, mais...le bout semble bien loin et injoignable.
 
Enfin, nous atteignons Cormet de Roselend, la mi-course, car ici nous avons droit à un repas chaud (un "Cormet" de pâtes..) et notre sac d'allègement. Nous sommes redescendus à 1967m. Km 67 et  16h11' de course. Il est 22h11 et la barrière est à 00h00.


Nous prenons donc le temps de nous équiper pour la nuit (t-shirt sec, manchettes), bien s'alimenter (mais je n'ai toujours pas plus l'envie de manger, même pas les pâtes...), je reste à mon mélange coca-eau pét-bouillon qui me réussit bien finalement. Je repars revigoré et décidé! Pas mal de concurrents lâcheront prise ici ou seront recalés par le temps. J'ai un début d'ampoule aux pieds, sur le côté du talon et les avants-pieds bien échauffés. Mais cela reste gérable et je décide de ne pas y toucher.

Direction Col de la Sauce (alt 2307m), que nous atteignons après un long détour sur des sentiers de "vaches", un peu casse-pattes, boueux et merdiques par endroit, moins pentu que prévu. S'ensuit  la descente vers La Gitte (alt.1665m), via le "chemin du Curé", le long du torrent. La descente est assez agréable et pas trop compliquée.
Ben oui, c'est comme ça la nuit ... :-)


Le "chemin du Curé"
Nous atteignons La Gitte avec une bonne heure sur la barrière (il est 01h20, pour la limite à 02h30). Encore 7 km de faits. C'est au tour de Céline de ressentir un petit coup de moins bien. On fait une petite pause récup, 10 à 15 min. Des abandons ont encore lieu ici... D'ailleurs, dès notre arrivée, on nous demande si nous arrêtons. "Mais non, on fait juste une pause", leur répond Céline un peu énervée... Montée vers le col Est de La Gitte (Alt. 2315m), assez raide  au début, puis ça s'atténue un peu jusqu'au sommet. Le prochain ravito est au km 86, au Col du Joly. Céline propose une pause repos, elle est un peu à la peine. L'endroit est plutôt herbeux, un peu humide et pas vraiment plat. On essaie de s'installer mais il fait vite froid. Déballons nos couvertures de survie : avec un petit vent frais, les mains qui se refroidissent, pas évident de déballer ce truc sans la déchirer. Quelle m.....! Bon après 10min, on se caille et on décide de repartir. Tant pis, nous ne dormirons pas. Et renfourner cette couverture en boule dans le sac (pas question de la jeter, c'est du matériel obligatoire...!)

Nous entendons du bruit et apercevons au loin une lumière: il semble que ce soit le ravito du Col Joly. Pourtant, il n'est encore que dans 6km d'après le profil. Et effectivement, ce point semblera interminable à joindre, il nous faudra encore descendre, virer à gauche, puis remonter vers la droite, escalader quelques rochers, contourner un autre, redescendre un peu, puis...remonter, et pas vraiment droit devant, tout cela sur sentiers en pierrier. Pfffffff, vous suivez ?? Ben nous, on en a marre et on a hâte d'y arriver, là !! Plus loin, quelques vaches dorment paisiblement, et semblent ignorer totalement notre passage juste à côté. Soudain, Céline s'écrie "Un cheval à côté de moi!!" C'est ça, pensais-je, un cheval..... Elle fatigue et a des hallucinations...Je me retourne et...un énorme cheval noir surgit d'on ne sait où accompagne Céline sur quelques dizaines de mètres, pour disparaître ensuite dans l'obscurité. Effectivement, ça surprend !!
Nous touchons presque au but, et rattrapons un concurrent asiatique, qui semble ne plus rien comprendre (ni le français, ni l'anglais, en tout cas), se râcle sans cesse la gorge, peste dans sa langue, hésite à chaque balise, bref nous énerve !! Finalement, j'enrage, je le passe, Céline suis en rigolant (jaune !!) et j'accélère le pas car j'ai hâte de me désaltérer.... avec autre chose que de l'eau ;-)

Col du Joly (enfin!!), km 86, mercredi 05h25, 23h25 de course. Mon hydratation habituelle (ahhhhh, ce bon coca, heureusement qu'il est cola :-))) 20min de pause et nous repartons, avec le lever du soleil qui se dessine.



Et qui nous suit ?? Le nippon ! Ah non, cette fois c'est bon.. "Allez, go on, go on..."
5km de descente assez régulière; le jour se lève, on range nos frontales. On trottine par intervalles pour "garder du cœur à l'ouvrage", jusqu'à Notre-Dame de la Gorge.

Notre Dame de la Gorge

Ensuite, c'est presque plat et  roulant jusqu'au prochain pointage, Les Contamines, barrière à 08h30. Nous pointons à 07h42. Nous avons reperdu un peu de temps cette nuit. Céline commence à stresser un peu et perd espoir d'arriver dans les temps. je la rassure, il nous "suffit" de maintenir notre mince avance et ce sera bon, c'est parfaitement jouable, je suis confiant. Arrêt éclair car la suite n'est pas des plus facile avec les km que nous avons dans les jambes.







Il reste un gros morceau à passer : le col de Tricot. Une ascension en 2 parties de quasi 1000m D+ en 7 km. D'abord atteindre le chalet du Truc, 4km de montée assez raide, avec quelques passages bien techniques.



L'endroit est très accueillant et nous décidons d'y déjeuner, c'est l'heure : tartelette aux myrtilles avec un...coca ! Un petit quart d'heure et nous voilà repartis gaiement. Mince, j'en oublie (encore!) mes bâtons, décidément....
Petit-déj, c'est l'heure .....

Une petite descente technique, mais prudente, jusqu'au chalet du Miage et devant nous se dresse la dernière grosse difficulté. Le soleil se pointe, mais la majorité de la montée est encore dans l'ombre. Bien. Céline peste et ne pense pas arriver au bout. Mais il le faudra bien, ce n'est pas le moment d'arrêter. Pour ma part, je suis bien et la rassure pour le timing : ça passera !



Au passage du col (alt 2120m), le soleil chauffe déjà pas mal. Ensuite 2km de  descente assez casse-patte, pas mal de gros rochers, quelques passages un peu glissants, jusqu'à la passerelle du torrent de Bionassay. 2 coureurs maxi à la fois pour éviter l'effet de rebond, c'est assez impressionnant, mais ça passe bien.


Ensuite de nouveau une belle montée en gros rochers, entrecoupée de l'une ou l'autre partie un peu plus roulante jusqu'à Bellevue (Alt 1800m).


Et la belle vue, nous l'avons avec, dans le fond, Les Houches au km 112. Mais il ne faut pas traîner, la barrière est à 13h30. Nous trottinons le plus possible, d'abord sur la piste de ski, puis sur petit chemin, et ensuite sur la petite route sur laquelle nous rejoignent des amis inattendus, Didier et Marie-France, qui nous accompagnent jusqu'à l'entrée des Houches. Sympa et ça fait du bien !!

 

 
Dernier ravitaillement que nous atteignons à 12h55. Notre avance a encore un peu fondu, mais ça passe, c'est le principal. Cela aurait été dommage de se faire arrêter ici, à 8 km du but !!



Mais  restons sur  nos gardes, il nous faudra encore courir quelque peu pour assurer la finale. Les derniers km passeront plus vite en alternant course et marche. Céline fait ce qu'elle peut, et gardera un bon petit rythme, surtout dans les touts derniers km, à l'approche de l'arrivée.
Nous dépassons pas mal de coureurs qui, à ce stade, ne font plus que marcher.




L'entrée de Chamonix, l'adrénaline commence à monter....La rue piétonne, du monde qui applaudit et encourage.....Plus que quelques centaines de mètres, le timing est bon. Fred et Anne sont là, sympa! Dernier virage, c'est la foule et l'émotion qui nous gagne.






BINGO, c'est bouclé en 32h22', et 50 coureurs doublés depuis Les Houches !!

Nous découvrons la veste "finisher": un peu déçus, ça ressemble à un grand sac plastique....Pfffff......


Mais ce n'est pas l'essentiel : défi relevé, il fallait gérer la distance, mais surtout cette chaleur qui a fait bien des dégâts. 740 abandons, il fallait passer au travers. Très contents, et personnellement très fier de ma partenaire d'avoir eu la ténacité et la rage d'aller au bout de cette aventure !!! A aucun moment, je n'en ai douté ...;-)

J'ai l'impression d'avoir d'énormes ampoules aux pieds. Mais il n'en sera rien, juste un petit début à chaque talon et un bel échauffement à l'avant des pieds...Cela ne m'a quasi pas perturbé.

Deux bonnes cannettes de bière et une chaise (ahhhhhhhh....relax !!) pour récupérer un peu. Débriefing avec Fred et Anne. Avant d'aller récupérer nos sacs, se changer quelque peu, et aller prendre le repas d'après-course.

Retour à l'hôtel, une bonne douche bien chaude......ah non, y'a plus d'eau chaude, c'est en panne! Mince. Ben un petit bain légèrement tiède alors, qui finalement fera du bien pour faire chuter la température du corps.


Nous venons de battre chacun notre record de km et de temps de course !!


Les jours suivants seront mis à profit pour profiter un peu de l'ambiance générale, ce dont nous n'avons généralement pas le temps les autres années. A notre petit rythme évidemment, sans courir :-))
Vendredi, nous allons voir passer les premiers de la CCC dans la descente vers Trient (Michel Lanne en tête).
           

           

Puis direction Chamonix, puis Les Houches, pour le départ de l'UTMB et encourager Fred.
Fred, au centre, t-shirt vert, aux Houches.

Retour ensuite à Cham pour les arrivées des premiers PTL et CCC: une ambiance du tonnerre !! A vivre absolument !!

          


Samedi devait être le suivi de Fred, mais celui-ci abandonnera au Lac Combal à 09h00 du mat, sur problèmes gastriques et fatigue. Dommage ....Ce sera donc du repos pour nous, bien nécessaire. Et de toutes façons, l'après-midi, nous aurons droit à un solide orage sur la vallée, pendant de longues heures...
Dimanche, la météo s'est remise, nous quittons l'hôtel pour le retour "at home"..


Résultat : 32:22:48 - 980 et 981e/1060 classés - 1800 partants