Bienvenue sur mon blog.
Il n'est jamais trop tard pour s'y mettre ! N'ayant jamais pratiqué de sport, je suis venu à la course à pied par hasard l'année de mes 40 ans. Comment on devient sportif sur le tard ? Lire ici.
Ce blog est destiné à vous faire découvrir, petit à petit, mon parcours de "sportif", depuis août 2008 et mon plus gros défi à l'époque : UTMB (CCC), 98 km autour du Mont Blanc. Ce qui m'a donné l'envie de partager mes impressions.
2010 = 10 années de courses à pied. Découvrez la rétrospective dans le détail ici.

N'hésitez pas à me rendre visite régulièrement et me laisser vos commentaires. Merci.
Bernard. (Bernard RONGVAUX, Virton, Belgique)

" Un pessimiste voit des difficultés dans chaque opportunité. Un optimiste voit des opportunités dans chaque difficulté "
"On ne s'arrête pas de courir parce qu'on vieillit, on vieillit parce qu'on arrête de courir"

jeudi 20 juillet 2017

♣ Mad Trail, Valmorel (F)


Dimanche 16 juillet 2017

62 km - 3650D+

Après avoir réussi la CCC (100km en 2015) et la TDS (120 km en 2016), nous avons accumulé des points qui nous rapprochent de l'UTMB (170 km). Il ne nous manque que 4 pts pour prétendre à l'inscription (et au tirage au sort qui va avec - grrrrrrrr!). Alors, pourquoi ne pas tenter cette distance finalement ?
Il nous fallait donc trouver un trail cette année, pas trop long, qui donne les points nécessaires, et à une période qui nous convient. Pas facile.... Notre choix s'est donc porté sur ce "MAD Trail" à Valmorel, qui réunit les conditions. Et forcément, vu les pts attribués, dans une région accidentée (en montagne donc...) et avec un parcours pas facile.
Le souci de ces courses limitées en nombre de partants, c'est qu'il faut s'inscrire longtemps à l'avance afin d'être certain d'y avoir sa place. Ce qui fut fait le 05 décembre 2016. Or, à cette époque, Céline venait à peine de se voir détecté sa maladie et commençait son traitement. Impossible de dire à l'époque où elle en serait 7 mois plus tard, ni comment elle se sentirait. Tant pis, nous prenons le risque, quitte à devoir annuler si nécessaire. En même temps, ce défi lui a servi d 'objectif  afin de vaincre au plus vite sa maladie et d'être présente au départ !

Nous voici donc en cette mi-juillet, avec un traitement terminé fin juin et encore beaucoup de fatigue accumulée et d'entraînements non réalisés par la force des choses. De mon côté, depuis tout ce temps, j'ai occulté également la majeure partie de mes entraînements, mises à part l'une ou l'autre sortie "trail". Bref, nous ne sommes pas dans des conditions optimales pour aborder ce Mad Trail, c'est certain. En même temps, les réservations étant faites, nous décidons de faire le déplacement et donc de prendre le départ de ces 62 km et 3650m de dénivelé positif, à boucler dans un délai de 15h maxi ! Délai qui me semble un peu serré.... (par comparaison, le Verbier St-Bernard, 61 km et 4000m D+ a un délai de 21h !! 6h de plus pour 350m de dénivelé supplémentaire, un peu plus confortable... Nous avions mis 15h38 en 2013.)

Pas de pression inutile, il est bien clair que nous irons jusqu'où nous pourrons, pas question de faire une fixation absolue sur cette quête des points. Nous ferons une croix sur ce (mythique, mais de plus en plus compliqué d'accès..) UTMB. Il y a bien d'autres courses en montagne et toutes aussi belles !
Et les km que nous aurons fait serons toujours une très belle sortie dans un environnement que nous prenons beaucoup de plaisir à traverser !

Le trajet pour  rejoindre cette station des Alpes nous amène à passer le long du lac d'Annecy, ce qui nous rappelle d'autres souvenirs "trailistiques" (voir la Maxi Race, en 2014).

Arrivés le vendredi soir, nous profitons de la journée de samedi pour nous imprégner de l'ambiance.
Loin de la grosse agitation de Chamonix, Valmorel est très calme en cette période. Pas grand-chose ne laisse supposer que vont se dérouler plusieurs courses ( 62km, 42, 19, KM vertical, enfants). L'organisation y est  simpliste et conviviale. Retrait des dossards .....



Ce samedi début d'après-midi, nous assistons au départ du "kilomètre vertical" (ou KMV), soit - pour les non-initiés- gravir une pente avec un dénivelé positif de 1000m, sur une distance la plus courte possible (ici 2,8 km). Cela donne une pente très raide ! 115 concurrents s'y affrontent. Le premier mettra 38', pendant que le dernier y passera un peu plus de 2h !!

Ensuite, ce sont les courses "enfants", par catégorie d'âge, avec 1, 1,5 et 3km pour les plus grands. Beaucoup de participants, c'est impressionnant et prometteur ! Tout cela met une bonne ambiance tout au long de cet après-midi, où il a fait très chaud.



Ensuite, il nous faut vérifier notre équipement, petit repas et se reposer pour demain.

Dimanche 16 juillet.
Réveil un peu dur à 03h30... ça faisait longtemps que cela n'était plus arrivé. Les coureurs arrivent au compte-goutte sur l'aire de départ, il fait frais, nous gardons bien notre veste. Le speaker réveille un peu tout le monde et motive les 250 partants. Dernières recommandations et le départ est donné à l'heure. La météo est annoncée au beau fixe, voire caniculaire.

Rassurée ?? pas sûr...


Nous nous élançons en queue de peloton, d'abord sur la même trace que le KMV, pour bifurquer ensuite sur de petites traces. Une première boucle de 18 km qui nous ramènera à notre point de départ, avec un passage au premier col de la journée, Crève-Tête à 2342m, point culminant de cette course.
Assez rapidement, nous tomberons la veste, l'effort fait vite monter la température corporelle.
Non il ne neige pas, c'est de la poussière....

La nuit,ça donne ça .....
....et de jour , c'est ça :-)

A peine 1h de frontale, et le soleil fait tout doucement son apparition. Dès que ses rayons nous atteignent, nous sentons qu'il fera vite chaud. Nous apercevons Valmorel en contre-bas. Passage au premier ravitaillement, km6,3, Col du Gollet (1980m). Histoire de prendre le petit déjeuner rapidement.



Le sommet, c'est la pointe la plus haute, à droite...
Et l'ascension continue, avec un dernier raidillon version alpiniste, qui nous amène à la croix de Crève-Tête, passage qui porte bien son nom, car l'accès n'y est vraiment pas aisé !
Oui, oui, il va falloir monter tout là-haut ....


Ohhhh, hisse !


Un peu d'escalade.



Petite pause photo et ... interview vidéo d'un reporter local.
"Ben oui, on a fait quasi 800 bornes pour venir découvrir vos "bosses" !!!
C'est fait , ouf !!
 Une vue à 360° sur de somptueux paysages, magnifiés par la couleur du soleil montant.

Quelque-chose me dit que ça va chauffer ...

La descente sur l'autre versant est d'abord assez technique, puis plus douce et un peu roulante. Mais Céline n'a pas assez d'énergie pour "dérouler" ses descentes comme d'habitude, et plutôt que de risquer une chute, assure ses appuis à son rythme.





C'est joli, non ? ben oui, c'est mon ombre ...






Il nous faudra descendre un peu plus bas, puis remonter vers Valmorel, à travers d'agréables sentiers et alpages.
Km 18, première barrière horaire: la limite est fixée à 09h15, nous avons 1h d'avance. C'est plutôt bien. La moyenne horaire du trail est de 4,2 km/h pour passer juste aux barrières. Pour l'instant, nous sommes à 4,8. Il nous faut juste maintenir ce rythme, sans plus... Nous allons avancer ainsi, de barrière en barrière.
Valmorel, re-bonjour ...

Prochain objectif : le col de la Madeleine (bien connu des amateurs de Tour de France..), à 2070m, par les sentiers évidemment. Nous attaquons d'abord une pente raide en lacets, assez dur à franchir, la chaleur étant déjà bien présente, avec malgré tout un petit souffle d'air par moment qui fait du bien. S'ensuit une longue passe en faux-plat (montant, bien sûr, cela va de soi...), sur des chemins et sentiers en balcons, avec de belles vues.







Puis la pente se raidit un peu plus et tire en longueur... Déjà Céline se demande ce qu'elle fait ici, finalement.... Nous atteignons le col à 10h40, soit 1h05 de bon sur la barrière. Petite pause bien méritée, ravitaillement.

Non, cette fois, ce n'est pas tout là-haut :-)

Mont-Blanc ? probablement ...


ravitaillement par ici ...

...non, pas par là :-(



Et nous repartons .... vers le haut, car le point culminant de cette "étape" 'est pas encore atteint... Il va nous falloir redescendre d'environ 200m de dénivelé pour repartir à la grimpe jusqu'à 2150m, dans le massif de La Lauzière.
D'abord en piste très étroite, puis des  pierriers, et des sentiers herbeux très piégeux (on ne voit pas bien où on met nos pieds...).


Du caillou et encore du caillou



Euh...y'a une trace ? Oui, vers le haut...

De nouveau une superbe vue 360°, avant de redescendre sur des traces similaires. Autant dire que nous n'allons guère plus vite en descente qu'en montée. Malgré tout, notre moyenne, qui a légèrement chuté, est stable à environ 4,5 km/h.
Quelques traces de neige résiduelle, une jolie cascade, et quelques vaches qui nous barrent le chemin. Mais dans leur grande bonté et leur gentillesse, elles s'écartent sans broncher, à notre demande :-)




Allez, Marguerite, pousse-toi !
En bruit de fond venant de la vallée, les incontournables motos qui s'en donnent à cour joie dans les lacets de la montée routière du col de la Madeleine.

Col de la Madeleine, version route.
Ah, ces paysages, ça n'a pas de prix. Enfin...si, celui de l'effort !!
Un long sentier en balcon nous permet de délier un peu plus les jambes (mais gare au ravin qui n'est jamais loin...).
Tout cela nous amène à la fin de cette portion, au "Pont Botto" (1500m), barrière à 14h15, et ravitaillement. Nous avons toujours nos 60min d'avance.


De là, nous devons attaquer le dernière grosse difficulté : passer par un point haut à 2110m pour rejoindre le refuge du Logis des Fées avant 16h45.
"C'est pas gagné, je n'ai plus de jus, j'ai les cuisses en feu", m'interpelle Céline... Je ne sais comment la motiver, personnellement, j'ai déjà bien encaissé aussi, je comprends donc ce qu'elle peut ressentir .
Faut-il continuer ?? Ici se pose la question...Si nous étions juste au niveau temps, nous arrêterions ici, c'est certain. Mais avec la petite avance que nous avons, on peut tenter le coup...jusqu'à la barrière suivante.

Après 200m, sur la petite route, le balisage indique vers la gauche (vers le haut) alors qu'au même endroit, une flèche indique vers le bas....mais ça, c'est le retour...dans 13 km et un peu plus de 2h....Pfffff, c'est agaçant...Mais un bénévole veille au grain...
Euh, on ne peut pas bifurquer vers le bas, plutôt ??



Pffffff, y'en a marre ....!!!!

 Mais que cette ascension sera longue et pénible. D'abord de petits sentiers pas trop pentus, puis de plus en plus de difficultés, et la chaleur en prime. Céline multipliera les pauses, à juste titre.
Je luis accorde à chaque fois 2 à 3 minutes, mais elle se limitera à....30 secondes, ayant plutôt envie d'en finir au plus vite; Quelle hargne, même avec les larmes aux yeux.... Chaque gros cailloux à franchir est d'autant plus pénible.
Et quand on croit arriver au dessus, et bien il y en a encore.. Eh oui, il nous faut passer là, où sont les autres....Mais trop tard pour faire demi-tour, le mieux est d'avancer...

Et comme à chaque passage au sommet, les superbes paysages nous réconfortent d'être là, comme si la nature nous récompensait des efforts fournis pour la découvrir !


Et encore le sourire pour la pause photo !! :-)


La descente sera - ouf, et ça fait du bien..- plus roulante, mêlant beau chemin avec petite route, et quelques passages en single.. Et ma Céline de trottiner au plus qu'elle peut..
 Refuge des Fées, notre avance a un peu diminué, logique, l'ascension a été lente. Il nous reste malgré tout 45min de bon. Notre moyenne a chuté sous les 4km/h, mais il faudrait rester longtemps à ce rythme pour perdre toute notre avance. Cela devrait le faire .....


Y'a pas d'âge pour être bénévole !

Puis, les bénévoles nous signalent que ceci est juste un  point de contrôle, la barrière horaire, maintenant, c'est le serre-file qui l'assure, tant qu'il est derrière , c'est bon. Or, il n'est pas encore en vue....Nous repartons donc...à l'assaut des 12 derniers km.

Sur le graphique, il ne reste plus que quelques "bosses", apparemment.. Jusqu'à Doucy, dernier ravitaillement, le sentier est assez agréable, en balcon, en légère "montagne russe", et tout en sous-bois. Mais la force et l'énergie manque pour réellement en profiter, nous alternons trottinement et marche.



Puis soudain, ça remonte, en lacets, et plus qu'une "bosse", c'est presque un petit col que nous sommes amenés à franchir.
"Non, on ne s'est pas trompés, c'est balisé".. Cela semble interminable. Céline revérifie à plusieurs reprises le profil, rien ne laisse suggérer tel passage. Le moral en prend un coup. Mais il faut s'accrocher, ce serait trop bête de lâcher prise si près du but...

Ah non, pas encore un col ?? J'en peux plus de monter....
 Enfin, nous atteignons la sortie du bois et la fin de ce nouveau calvaire.. 2 petits km et nous serons à Doucy.

Doucy ! A partir d'ici ça s'a"Doucy" !! Tu parles ...
"Cette fois,  c'est bon, plus que 200m à monter, et c'est relâche jusqu'à l'arrivée" nous indique une bénévole...montagnarde ! Indications qu'il ne faut jamais prendre à la lettre, les gens d'ici n'ont pas les mêmes sensations que nous, non-montagnard ...

Et bien vu, car de la bosse, entrecoupant de beaux chemins herbeux, il y en aura encore, une belle avant d'apercevoir Valmorel,


On a l'impression qu'on s'écarte de Valmo plutôt que se rapprocher ...

Pfffff, Ils nous userons jusq'au bout ...

et un dernier "tape-cul", nous faisant contourner le village, avant de rejoindre la rue principale qui nous amène à l'arche d'arrivée, sous les acclamations et les applaudissements du public (on se croirait un peu à Chamonix...) !!!

Cette fois, c'est la délivrance !!!!!!!
Et voilà : FINISHERS !!!! Pfffffff, Céline n'y croyait pas. Il nous reste finalement 18 min de bon...Et nous ne sommes pas derniers...
Les points emmagasinés, c'est anecdotique, mais le défi relevé, lui, est de taille !!!
"Jamais je n'aurais pensé terminer ce trail, dur et technique" !!

Je ne sais où elle va chercher son énergie et sa volonté, mais il est certain, que, personnellement, dans son état, j'aurais certainement abdiqué !
Je ne peux qu'être admiratif devant ce que je juge un exploit !!


Résultat : 14:42:02 - 178 et 179e/184 classés- 250 partants
Céline 5e en Master 1
Bernard 28e en Master 2